Comment réussir à mieux échouer

Comment réussir à mieux échouer ?

L’échec est considéré comme mal vu dans une société axée sur la performance et le succès. Personne n’aime admettre qu’il a commis une erreur. Mais les erreurs conduisent souvent à des innovations. L’opinion gagne lentement du terrain dans certaines entreprises, selon laquelle le succès inclut aussi l’échec.

Les approches agiles, telles que la méthode Design Thinking, provoquent en fait des erreurs afin de révéler des approches prometteuses dans le développement de produits en premier lieu et de mieux les cibler ensuite.

Planification vs. créativité

Les entreprises axées sur la planification considèrent l’organisation comme une machine. Ils essaient d’éviter les surprises avec des plans détaillés et maintiennent une attitude de méfiance et de contrôle.

Il s’agit d’une approche rationnelle qui tend à ignorer l’intuition et le hasard. Dans cet état d’esprit, les erreurs sont un signe de mauvaise qualité et doivent être évitées à tout prix. La perception a tendance à se concentrer sur la planification et le résultat visé en fonction de cette planification. Cela réduit le spectre d’observation aux détails qui dépendent du plan, et seules les “bonnes” solutions sont recherchées.

“Afin de contribuer à l’ensemble, l’échec à petite échelle est explicitement souhaité”.

D’autre part, les compagnies qui reconnaissent le hasard et l’improvisation et les inscrivent dans leur répertoire comme éléments créatifs possibles ont tendance à être plus flexibles et à considérer l’organisation comme un organisme. Ils ont compris que des surprises peuvent survenir, car l’imprévu n’est pas évité par un bon plan.

Les membres de ces cultures d’entreprise voient dans les surprises avant tout un potentiel de bonnes idées de solutions, car ils ont tendance à se faire confiance pour les traiter et, en même temps, à laisser des événements non planifiés se prêter parfaitement à des solutions créatives. L’échec prend une signification particulière : comme ce style de travail correspond à une philosophie de petits pas, dans laquelle on recherche un succès rapide pour contribuer à la situation globale, l’échec à petite échelle est expressément souhaité.

C’est la seule façon de rendre les faiblesses dans la tentative de trouver une solution directement visible et de les corriger à un stade précoce. Les décisions ont tendance à être intuitives plutôt que rationnelles, et en considérant les erreurs comme des opportunités d’apprentissage et d’innovation, les solutions sont souvent trouvées mieux et plus rapidement.

L’échec permet un nouveau départ

De nombreuses cultures d’entreprise n’ont pas encore intériorisé l’échec comme un potentiel pour trouver de réelles innovations ou améliorations. Mais surtout à une époque où les mondes (de travail) sont perçus comme de plus en plus complexes et menaçants en raison de la mise en réseau et des changements permanents, les erreurs doivent être acceptées. Seul un échec permet un nouveau départ, une chance de réinventer l’existant, qui ne répond plus aux exigences du présent. Des habitudes de pensée qui ont fait leurs preuves peuvent être démasquées comme n’étant plus suffisantes, puis étendues de manière appropriée. On peut également former une attitude plus humble envers l’environnement et envers soi-même en acceptant les erreurs, afin d’atteindre une plus grande sérénité.

“L’art de l’improvisation est une clé pour mieux gérer le risque de faire des erreurs”.

Les actions et leurs résultats sont toujours considérés comme ayant échoué si elles s’écartent des attentes ou d’un plan. L’art de l’improvisation est une clé pour mieux gérer le risque de faire des erreurs. Ceux qui sont préparés et peuvent (ré)agir en fonction de leur développement n’ont pas besoin de plan et ont probablement moins peur de faire des erreurs.

Grâce à des méthodes et des exercices issus du domaine de l’improvisation, il est possible d’apprendre à gérer de manière constructive la peur de l’échec et de favoriser la créativité à partir de l’échec. L’improvisation habile permet ainsi non seulement de faire face à l’échec plus ouvertement, mais aussi de devenir plus résistant à la peur de l’échec.